Bashung

Alain Bashung

dépouillé et troublant, “En amont”, l’album de chansons laissées par Alain Bashung. Dans ce disque posthume à la simplicité folk, sa voix sévère se déploie sur des guitares avec de troublantes résonances.
Près de dix ans après sa mort, Alain Bashung revient nous susurrer à l’oreille des chansons étranges et familières, comme autrefois. En amont n’est pas son « dernier » disque, mais son avant-dernier comme l’indique son nom. Il est composé de 11 chansons écrites entre 2005 et 2007 par divers auteurs sollicités par l’artiste.

Des maquettes en voix/guitare
Après le rock flamboyant de L’Imprudence (2002), Bashung avait envie de revenir à plus de simplicité et au blues. Les propositions affluent : des textes de Joseph d’Anvers, Doriand, Xavier Plumas, Daniel Darc, des chansons de Raphaël, Mickey three-D, Arman Méliès, Dominique A…
Bashung enregistre des maquettes en voix/guitare, chez lui ou en studio. Puis, il les met de côté et se lance avec Gaëtan Roussel sur un autre album. Ce sera Bleu pétrole (2008), le dernier sorti avant sa mort le 14 mars 2009.

Quant aux chansons écartées, sa veuve, Chloé Mons, en a confié la finition à Édith Fambuena, réalisatrice de Fantaisie Militaire (1998). Aux arrangements et aux guitares, la co-compositrice de “la nuit je mens” a retravaillé avec fidélité les maquettes de son ancien complice.

la voix d’Alain Bashung se déploie avec une extrême proximité sur des textes poétiques. Le chanteur n’a pas donné toute sa puissance dans ces enregistrements préparatoires. Il en résulte une splendide sobriété musicale.

Moins rock que Folk, Bashung atteint des sommets d’émotion en incarnant des femmes, dont une jeune mariée – « il lui faudra du hasard/dans sa vie rangée » – ou la mélancolique prostituée de Ma peau va te plaire, « cette femme presque belle, presque bien/cette femme dont les hommes ont besoin ».

Ses chansons dépouillées prennent de troublantes résonances. « ad vitam aeternam, mettre nos âmes à l’abri », chante Bashung dans son dernier titre. Il fait écho au premier, Immortels, signalé Dominique A : « Je ne t’ai jamais dit, mais nous sommes immortels/As-tu parfois senti que rien ne finissait, et qu’on soit là ou pas, quand même on y serait… »

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