FLUE – 1986 – LP “vista”

flue Vista

Fans de Minimal Compact, de Mecano, ou de Tuxedomoon, vous êtes à la bonne place, et si vous n’avez jamais écouté Vista le deuxième album de Flue, c’est que vous êtes passés à coté de ce que l’on peut appeler le Graal de la musique passée, comme une musique relique, cette sainte partition tant convoitée par tous les musiciens profanes du monde entier et qui se damneraient corps et âme pour se l’approprier.

Presentation


Aidés de leur instruments, les membres (supérieurs) de Flue l’ont approché et presque touché, à portée de doigts sans se brûler, pénétrés de toute l’énergie créatrice, transfigurés, immaculés par sainte Cécile (amen !) patronne des musiciens, et parvenus en état de grâce au firmament comme les êtres consacrés ou les anges musiciens.

Cependant rien a voir avec le côté mystique ou liturgique de This Mortail Coil ou du repli sur soi de Dead Can Dance pour la méditation, non ! Flue vous transporte comme jamais musique new wave auparavant, traversant toutes les contrées musicales du moyen orient, en passant par l’occident, le Caucase, sans que l’on soit perdu ou que l’on ait perdu le fil de soi, subtilement Flue vous enveloppe de son tapis volant auto mélancolique avec grâce, rassurant et épanouissant de bout en bout comme un rêve éveillé.


Flue, groupe composé d’anciens membres de Mecano, les hollandais, et de Dick Polak l’intello de la bande et producteur qui n’en est pas à sa première apparition, puisque pour son premier coup d’essai, il avait grandement contribué au lancement et au succès de Minimal Compact.

D’ailleurs, on ressent bien dans cette cuisine raffinée les compositions exotico- romantiques à la Minimal Compact de même que cette marque de fabrique en apport d’arabesques orientales, voire byzantines.


L’orchestration néo classique de Flue est sans conteste une des plus riches que l’on ait aperçue de la part d’un groupe new wave à cette époque, quasiment tous les instruments y sont représentés, des cordes, des violons, des percussions, des cuivres, tout y est avec cette maestria digne d’un grand orchestre classique.

L’Album Vista

L’album commence très fort par la pièce maîtresse du LP Esmafarja. Ce morceau au format long à multiples facettes démarre comme un morceau des Pink Floyd mais est très vite débordé par l’émanation cold wave de la composition.

Puis la musique s’échappe et dérape vers un autre univers, puis un autre et ainsi de suite. Quant aux harmonies parfois empreintes de doucereuse rêverie, parfois espiègles, souvent limpides dans une simplicité désarmante, elles vous laissent sans voix.

Le piano vient parachever ce magnifique ensemble tétanisant tous les sens dans une léthargie, sans souffrance, presque à perdre connaissance. La voix d´Edward Gijsen insuffle au morceau un calme monacal rassurant.

L’idéal absolu est atteint magistralement.


Le deuxième morceau SomeTimes moins charnu et plus arabisant connaîtra une deuxième vie en club et un gros succès grâce au groupe belge Caravan. Le quatrième morceau propulsion à orchestration classique s’apparente réellement à un morceau de Michael Nyman du meilleur cru divin.

Tout n’est que calme et volupté pour ce qu’il en est du reste de l’album, au parfum enivrant et apaisant. Les textes dépressifs et obsessionnels ne dépareillent pas avec la musique et sont sans équivoque sur la place de l’homme et la quête de son identité dans un monde incertain et angoissant.

Vista sorti en 1983 sur le label Torso se différencie du précédent opus One and a half tout en synthèse analogique et moins onirique. Ce dernier se révèle néanmoins et quelque part comme l’antichambre expérimentale de son prodigieux et miraculeux successeur.


Même si cette merveille des merveilles date un peu, le LP est ressorti en 2011 sur le label Infrastition, il n’en reste pas moins que Flue reste une référence artistique étonnante et en décalage du traditionnel basse batterie guitare ou synthé de l’époque, moins arty que Tuxedemoon, plus doux que Minimal Compact et plus riche que Mecano,

Flue fait désormais partie du gotha de la new wave que beaucoup chérissent et bénissent en première place sur la devanture de leur discothèque ou à défaut dans leur reliquaire.

L’écouter c’est un peu toucher les cieux ou le toit de l’univers. Les enfants de chœur, les brebis égarées et tous ceux qui ont péché d’indifférence, vous savez ce qu’il reste à faire pour sauver votre âme !

Publié il y a 12th May 2017 par geantdicallo sur blogspot

No Music, No Life

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